Les théories de l'intelligence

Éric Maeker, 15 juin 2016.
L'intelligence est un concept encore flou et mouvant. La multitude de théories en vigueur laisse penser que les théoriciens sont toujours à la cherche d'un consensus. De ces théories semblent se dégager deux points communs : l'intelligence comprend la capacité de compréhension et la capacité d'adaptation à l'environnement, au réel. L'intelligence est intimement liée à l'action. L'absence de consensus engendre un flou en cascade, en particulier pour la définition du haut potentiel intellectuel (de la précocité intellectuelle).

Quelles sont, de façon succincte, les différentes théories de l'intelligence ? Existe-il une seule intelligence ou plusieurs intelligences ? Cette ou ces intelligences sont-elles mesurables ?

L'absence de consensus international sur la question de la définition de l'intelligence engendre un flou en cascade dans la définition de concepts directement liés à celle-ci. La surefficience intellectuelle (ou précocité intellectuelle ou haut potentiel ou surdouance ou douance) est directement touchée par cette diversité d'approche. Les avancées en neuro-sciences et dans les recherches en intelligence artificielle permettront sûrement d'améliorer la compréhension et la définition de l'intelligence.

Les théories définissant l'intelligence humaine sont plus ou moins affaire d'écoles. Au début du 19ème siècle, la phrénologie se proposait, par l'étude de la forme du crâne humain, de définir le caractère des hommes ainsi que leurs capacités intellectuelles. Elle est la mère de l'expression “avoir la bosse des maths”. Au 21ème siècle, le scanner puis l'IRMN prennent une place prépondérante dans l'exploration de la morphologie cérébrale. Certaines aires cérébrales sont le siège de certaines fonctions cognitives comme le calcul, le langage, la mémoire… Encore aujourd'hui, aucune structure anatomique cérébrale ou non cérébrale est “le” siège de l'intelligence. À défaut d'être reliée à une aire cérébrale, l'intelligence est théorisée par la psychologie. Les définitions issues de la philosophie pourront apporter un éclairage supplémentaire et seront présentées dans un article dédié.

Il existe deux grands mouvements psychologiques qui se distinguent dans leur approche théorique de l'intelligence : la psychologie différentielle (celle qui compare les individus entre eux, au sein de groupes ou dans des contextes différents) et et la psychologie développementale (celle qui cherche à comprendre comment se développe les aspects psychologiques des individus).

Cet article présente les théories de l'intelligence issues de la psychologie différentielle. Celles issues de la psychologie développementale feront l'objet d'un article spécifique.

Les théories de psychologie différentielle sont fortement ancrées dans l'exploration psychométrique de l'intelligence. Alfred Binet, par exemple, disait de l'intelligence qu'elle “est ce que [ses] tests mesurent”. Les tests résumeraient la théorie. À l'opposé, Howard Gardner se défend d'une théorie des intelligences multiples, qui à ce jour, est orpheline de test exhaustif.

Les théories différentielles sont construites sur la base d'une méthode empirique basée sur l'expérimentation et l'observation. L'analyse factorielle, une méthode statistique, permet de passer de l'observable au quantifiable et de distinguer les capacités, devant être indépendantes les unes des autres, définissant l'intelligence (voir Philip Vernon - 1905-1987). Quelles sont ces théories ?

L'intelligence selon Alfred Binet (1857-1911) et Théodore Simon (1873-1961)

En 1905, Alfred Binet, alors directeur de laboratoire à la Sorbonne, et Théodore Simon, psychiatre, publient une échelle d'évaluation psychométrique, l'échelle “Binet-Simon”. Alfred Binet était alors déjà engagé dans la recherche sur l'intelligence et avait publié L’Étude expérimentale de l’intelligence. En 1909, il propose une théorie de l’intelligence qui, selon lui, se définit comme un ensemble de fonctions qui permettent l’adaptation à des situations nouvelles. Cette définition est unidimensionelle et, comme le souligne Binet, celle-ci est directement liée aux tests psychométriques qu'il propose : “Les tests mesurent l'intelligence, car j'appelle intelligence ce que mesurent les tests”.

Les tests psychométriques proposés par Binet et Simon reçoivent un accueil très négatif dans la communauté médicale française. De nombreuses critiques leur sont adressées dont l'une est de relever l'aspect “académique” du test dans le sens où le test se rapproche des exercices scolaires. Ce test permet d'établir l'âge mental en comparaison au développement statistiquement attendu pour l'âge physique.

C'est aux États-Unis d'Amérique que le test sera le mieux accueilli, en particulier par Lewis Terman qui établira le test de Standford-Binet et l'utilisera largement dans sa pratique clinique. Ce nouveau test deviendra le “gold standard” et servira de critère de validation (par comparaison).

Le facteur g de Charles Spearman (1863-1945)

Charles Spearman, psychologue anglais, publie Les aptitudes de l'homme en 1927. Il définitl'utilisation de l'analyse factorielle et l'intelligence qui, selon lui, répondrait à un facteur global unique le facteur g. Ses expérimentations tendent à montrer que les enfants qui réussissent une épreuve type (épreuve de vocabulaire, de mathématique, visuo-spatiale, de reconnaissance de couleur ou de compréhension d'instructions), réussissent à même hauteur toutes les épreuves. Le facteur g serait une “énergie mentale” dont dépendraient toutes les activités de l'intellect, et serait la capacité de raisonnement abstrait. Plus tard, ce facteur g sera évalué par la matrice de Raven (en 1938). Au-delà de ce facteur unique, Spearman définit des facteurs spécifiques s.

Cette théorie souffrira de nombreuses critiques. Définir un unique facteur g semble réducteur pour une dimension humaine si vaste.

Louis Leon Thurstone (1887-1955)

En 1938, Louis Leon Thurstone, mathématicien et psychologue, publie les résultats de ses expérimentations, une batterie de 60 épreuves réalisées auprès de 200 étudiants universitaires. L'analyse statistique matricielle et factorielle pointe l'absence d'un facteur g. Selon Thurstone, l'intelligence comprend sept facteurs indépendants les uns des autres (ou orthogonaux), qu'il nommera les aptitudes mentales primaires (“Primary Mental Abilities”) : la compréhension verbale (V), la fluidité verbale (W), la capacité numérique (N), la capacité spatiale (S), la mémoire (M), la vitesse de perception (P) et le raisonnement (R). Il s'agit de la première théorie multifactorielle de l'intelligence. Au fur et à mesure de ses développements mathématiques, Thurstone élargit l'intelligence à vingt aptitudes mentales qu'il hiérarchisera.

Joy Paul Guilford (1897-1987)

Joy Paul Guilford, un grand opposant de la théorie du facteur g de Spearman, est un psychologue et professeur de psychologie américain. Il publie en 1967 La nature de l'intelligence humaine à la suite de ses travaux pour l'armée de l'air américaine. Guilford utilise un modèle taxonomique multidimentionnel plutôt que hiérarchique pour définir l'intelligence, le cube de Guilford. Ce cube définit trois dimensions : les opérations, les contenus et les productions. Ce sont pas moins de 120 facteurs qui sont définis. Leur indépendance est encore incertainee car prouver leur indépendance nécessiterait la réalisation de 120 tests par individu.

Raymond Cattell (1905-1998), John Horn (1928–2006) et John Bissell Carroll (1916-2003)

Raymond Cattell, psychologue, John Horn, psychologue cognitiviste, et John Bissel Carroll, psychologue américain, distinguent deux types d'intelligences et sept facteurs complémentaires. Le facteur g est détaillé en trois strates successives. La première correspond au facteur g lui-même, la seconde à sept aptitudes indépendantes et la dernière à plus de soixante-dix autres “sous”-aptitudes.
Les septs aptitudes du facteur g sont : l'intelligence fluide (Gf), l'intelligence cristallisée (Gc), la répresentation visuo-spatiale (Gv), la mémoire et les apprentissages (Gm), la représentation auditive (Ga), la mémoire à long terme (Gr), la rapidité cognitive (Gs), et la vitesse de traitement (Gt).

  • L'intelligence fluide est indépendante des acquisitions culturelles. Elle est rattachée au domaine du raisonnement et s'attache à analyser des éléments abstraits, non signifiants et non familiers. Elle aurait une origine essentiellement génétique et participirait au processus adaptatif à de nouvelles situations.
  • L'intelligence cristallisée serait innée, développée sous l'effet de l'expérience. Elle serait fortement liée à l'éducation et à la culture.
  • La représentation visuo-spatiale représente la capacité à générer,retenir, retrouver et transformer des images visuelles.
  • L'aptitude mémoire et apprentissage correspond à l’efficience de la mémoire à court terme et de la mémoire de travail.
  • La récupération en mémoire à long terme est la capacité à stocker l’information nouvelle en

mémoire à long terme et à la retrouver plus tard de façon flexible.

  • La représentation auditive est la capacité à analyser, manipuler, comprendre et synthétiser des éléments sonores, des groupes de sons ou des mélodies sonores.
  • La rapidité cognitive est la capacité à effectuer de façon automatique et rapide des tâches

relativement faciles ou surapprises.

  • Enfin, la vitesse de traitement est la capacité à réagir ou à décider rapidement en réponse à des stimuli simples, comme c’est le cas dans les tâches évaluant le temps de réaction ou le temps

d’inspection.

La théorie triachique de Robert Sternberg (1949-)

Robert Sternberg (1949-), psychologue/neuropsychologue américain, définit l’intelligence en la subdivisant en trois pôles distincts fonctionnant comme un système : les composantes, l'expérience et le contexte. Trois aptitudes sont définies : analytique, créative et pratique.

  • Les aptitudes analytiques correspondent aux aptitudes dites scolaires. Elles permettent d'analyser, de comparer, de critiquer le tout dans un situation relativement familière.
  • Les aptitudes créatives sont mobilisées pour créer, inventer, découvrir, supposer, imaginer et formuler des hypothèses lorsqu'il est nécessaire de faire face à une situation nouvelle ou inhabituelle. Elle diffère de la définition classique de la créativité artistique.
  • Les aptitudes pratiques sont mises en oeuvre pour appliquer, utiliser des connaissances et des compétences dans un contexte fortement précisé. Ces trois aptitudes sont statistiquement indépendantes et peuvent se mesurer à l'aide de tests psychométriques.

L'apport de cette théorie de l’intelligence réside dans la distinction des contextes dans lesquels les aptitudes s'expriment (familier, inhabituel). Certaines personnes à l'aise avec la réalisation de tâches familières peuvent être en difficulté lorsqu'il est nécessaire d'adapter la technique de résolution de tâche à un contexte nouveau ou inhabituel. Ceci est particulièrement vrai dans les relations personnelles et le travail où les situations peuvent rapidement changer.

En se basant sur l'observation de patients présentants des lésions cérébrale, des pathologies neurologiques, des autistes ou des prodiges, Howard Gardner, alors proche d'Olivier Sacks et d'Antonio Damasio, définit l'intelligence comme une capacité biopsychologique à résoudre des problèmes ou à produire des biens, de différentes natures et au sens large, ayant une valeur dans un contexte culturel ou communautaire. “An intelligence is the biopsychological potential to process information in certain ways, in order to solve problems or fashion products that are valued in a culture or community.”.

Sans s'appuyer sur une quelconque analyse factorielle, ni même sur la “testabilité” des différentes intelligences, Howard Gardner distingue huit (voire neuf) intelligences : linguistique, logique-mathématique, visuo-spatiale, physique-kinesthésique, musicale, interpersonnelle, intrapersonnelle et naturaliste. D'après lui, l'intelligence existentielle pourrait définir une intelligence indépendante. Cette théorie est actuellement largement reprise, en particulier dans le monde éducatif, malgré l'absence d'outil psychométrique utilisable en pratique courante.

À quelles capacités ces intelligences font-elles appel ?

  • L'intelligence linguistique : Capacité à être sensible à toutes les formes des structures linguistiques, à utiliser des mots et le langage.
  • L'intelligence musicale : Capacité à être sensible aux sons, aux structures rythmiques et musicales, aux timbres sonores, aux émotions générées par la musique.
  • L'intelligence kinesthésique : Capacité à utiliser son corps de manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, à être habile avec les objets, à explorer l’environnement par le toucher, à se souvenir du “faire” plus que du “dire” ou du “voir”.
  • L'intelligence visuo-spatiale : Capacité à créer des images mentales, à visualiser et à représenter mentalement des idées, à percevoir et à observer le monde visible avec précision, s’y repérer.
  • L'intelligence logico-mathématique : Capacité à raisonner de façon conventionnelle, calculer, quantifier, résoudre les problèmes, émettre des hypothèses, manipuler les symboles, induire et déduire, organiser l’information.
  • L'intelligence interpersonnelle : Capacité à entrer en relation avec les autres, à être sensible et comprendre les autres, à discriminer et percevoir les humeurs, intentions, les motivations et les émotions des autres.
  • L'intelligence intrapersonnelle : Capacité à avoir une bonne conscience de soi, de ses forces et faiblesses, à tirer parti de l’expérience et d’agir en conséquence, à travailler de façon autonome, à être curieux à propos des faits de la vie.
  • L'intelligence naturaliste : Capacité à être sensible à la nature, à l’explorer sous toutes ses formes, à organiser, classer, hiérarchiser tout ce qui est en rapport avec le vivant et la matière, à comprendre les interactions entre la nature et la civilisation.
  • L'intelligence existentielle : Capacité à s'interroger sur le sens et l'origine des choses.

Les critiques de cette théorie résident dans l'absence de test d'évaluation de chacune des intelligences et l'absence d'individiualisation de la mémoire.

Certaines études scientifiques tendent à prouver que l'analyse de l'intelligence émotionnelle serait plus pertinente que l'analyse des intelligences dites “classiques” (verbale et linguistique, logico-mathématique) pour prédire la réussite académique. Les capacités de connaissance de soi et de de contrôle des pulsions sont un axe central de cette intelligence. Une piste encore fraîche. Comment définir l'intelligence émotionnelle ?

Le modèle originel de Peter Salovey (1958-) et John Meyer (1953-)

Pour Meyer et Salovey, deux psychologues universitaires américains, premiers professionnels à définir ce concept en 1997, l'intelligence émotionnelle est “la capacité à percevoir l'émotion, à intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre les émotions et à les maîtriser afin de favoriser l'épanouissement personnel”. L'intelligence émotionnelle se dilue dans cinq domaines principaux :

  • La connaissance des émotions est la capacité à identifier ses émotions. Cette aptitude est la clé de voûte de l'intelligence émotionnelle.
  • La maîtrise des émotions est la capacité à adapter ses émotions à chaque situation.
  • L'automotivation est la capacité à canaliser ses émotions pour se concentrer, se maîtriser et s'automotiver. Cela implique un certain niveau de contrôle des émotions.
  • La perception des émotions d'autrui ou l'empathie. Elle est un élément fondamental de l'intelligence interpersonnelle.
  • La maîtrise des relations humaines ou savoir entretenir de bonnes relations avec autrui, avec un groupe ou la société. C'est en grande partie savoir gérer les émotions d'autrui dans la relation.

Le modèle de Daniel Goleman (1946-)

Daniel Goleman, docteur en psychologie et journaliste, propose dans son ouvrage L'intelligence émotionnelle (1995) une définition ainsi qu'une mise en application thérapeutique de l'intelligence émotionnelle.

Daniel Goleman, se basant sur les travaux de Salovey et Meyer, regroupe dans l'intelligence émotionnelle certaines aptitudes “collatérales” des concepts d'intelligence. Il définit l'intelligence émotionnelle comme la “manifestation concrète de certaines compétences (conscience de soi, gestion de soi, conscience sociale et compétences sociales) en temps voulu, de manière adéquate et proportionnée afin d'être efficace dans une situation donnée”.

Il serait, en particulier, possible d'éduquer, de développer et de perfectionner son intelligence émotionnelle. Il propose dans ses écrits, des techniques d'éducation.

Le modèle de Reuven Bar-On (1944-)

Reuven Bar-On, directeur de l'institut des intelligences appliquées au Danemark, propose le “Quotien Émotionnel” à l'image du Quotient Intellectuel en 1997.

Selon Reuven Bar-On l'intelligence émotionnelle serait “un ensemble d'aptitudes, de compétences et d'habiletés non cognitives qui influencent la capacité de l'individu à réussir en s'adaptant aux pressions et aux exigences de son environnement”. Cinq composantes constituent son modèle :

  • les compétences intrapersonnelles,
  • les compétences interpersonnelles,
  • l'adaptabilité,
  • la gestion du stress,
  • l'humeur générale.

Reuven Bar-On (2000) parle aujourd'hui “d'intelligence émotionnelle et sociale” pour englober son concept et redéfinit son modèle en dix composantes-clés et cinq facilitateurs (optimisme, joie, développement de soi, indépendance et responsabilité sociale).

Cette intelligence émotionnelle est accessible à des tests psychométriques ce qui peut la rendre séduisante dans un contexte académique ou professionnel par exemple. Elle serait aussi perfectible par l'apprentissage et les psychothérapies.

Définies dans les années 1920, ces dernières reviennent au devant de la scène avec plusieurs écrits, dont un de Daniel Goleman, sur le sujet. L'intelligence relationnelle complète et approfondit l'intelligence interpersonnelle d'Howard Gardner.

Ces différentes théories montrent bien à quel point l'intelligence reste opaque à elle-même. L'évolution des concepts et des méthodes de définition permettra sûrement de mieux circonscrire le concept d'intelligence et par là même ses applications dans le domaine éducatif.

  • Charles Spearman, Les aptitudes de l'homme, 1927.
  • PE Vernon, The structure of human abilities (La structure des aptitudes humaines), 1950.
  • Binet A., 1903, L’Étude expérimentale de l’intelligence, Paris, L’Harmattan, 2004.
  • Huteau Michel, Alfred Binet et la psychologie de l'intelligence. Le Journal des psychologues 1/2006 (n° 234) , p. 24-28 Lien
  • RJ Sternberg, Beyond IQ: A triarchic theory of human intelligence, 1985. New York: Cambridge University Press.
  • Gardner H., Frames of Minds : the Theory of Multiple Intelligence, 1983.
  • Carte heuristique, les intelligences multiples d'Howard Gardner Lien.
  • Peter Salovey et John Mayer. Emotional intelligence. (1990)
  • Sacks O., The Man Who Mistook His Wife for a Hat, 1985.
  • Antonio Damasio, L'Erreur de Descartes : la raison des émotions, Paris, Odile Jacob, 1995.
  • Daniel Goleman, L’Intelligence émotionnelle : Comment transformer ses émotions en intelligence. Paris: R. Laffont, 1997.
  • La Recherche, Hors-série, Juin-Juillet 2016, L'intelligence en 20 question. Lien.
  • La recherche, entretien avec Howard Gardner, 2000. Lien.